Un recueil de liturgies marocain


Ce document est un manuscrit sur papier en langue arabe dont la datation oscille entre le XIVe et le XVIe siècle. L'encre ferrogallique ayant rongé les fibres du papier, le document souffrait de nombreuses déchirures et de lacunes. Le travail sur le bloc-livre a consisté à renforcer les pages et à combler les lacunes. La reliure étant couverte d'une sorte d'argile et de sable aggloméré, le cuir a été nettoyé et protégé. Après l'étude de la structure, la restauration s'est effectuée au papier japon encollé à la colle d'amidon puis teinté à l'acrylique.


Des études de carrés de soie Hermès


Il s'agit d'un ensemble de 8 études de foulard réalisées par Maurice Tranchant à la fin des années 1920 et au début des années 1930. Ces gouaches sur papier de 90/90 cm ayant été pliées et conservées dans des conditions inappropriées, elles souffraient de plis, de déchirures et de manques. Le travail a consisté à les nettoyer, les doubler et à restaurer le graphisme ponctuellement.


Un herbier en planches


Cet herbier a été réalisé par le pharmacien et botaniste A. Callay au XIXe siècle. Le porte-feuille est de confection plus ancienne, certainement du XVIIIe siècle. Il a été question ici de nettoyer chaque planche, et de supprimer les épingles de fixation oxydées afin de les remplacer par des bandes de papier japonais. La reliure a été restaurée à l'aide de papier japon collé à l'amidon et teinté à l'acrylique. Les débris de plantes de chaque planche ont été conservés dans des pochettes de papier neutre et placées dans une boîte de conservation.


Une affiche de cinéma (160/120 cm)


Suite à de nombreuses manipulations et à des variations d'hygrométrie, l'entoilage de l'affiche ne remplissait plus sa fonction. J'ai donc entrepris de supprimer le tissus et de le remplacer par un doublage de papier japon, en deux couches croisant le sens des fibres. De cette manière, le papier d'œuvre n'est plus contraint tout en étant renforcé.


Une Bible du XVIe siècle


Ayant subi une forte exposition à l'humidité et à l'eau liquide, le cuir s'est fortement rétracté et fendu sur le dos. Les compressions exercées au moment de l'ouverture sur un cuir aussi fragilisé auraient occasionnées des dégradations au niveau des mors si j'avais choisi de recoller directement le dos sur le corps d'ouvrage. Afin d'éviter cela, j'ai modifié la structure interne du livre en mettant en place une coque moulée, fixée à l'intérieur du cuir de recouvrement. De cette manière, le cuir se décolle des cahiers au moment de l'ouverture et les tensions s'exercent majoritairement sur le corps d'ouvrage, lui-même renforcé par une apprêture de papier japon épais. L'ouvrage étant de belle dimension et assez lourd, j'ai restauré les coiffes en réalisant des greffes de cuir. Sur les autres manques, j'ai fait les comblages au papier japon. La reprise de teinte s'est faite à l'acrylique.


Un manuscrit de 1143


Il s'agit du manuscrit de Guillaume de St Thierry, daté entre 1143 et 1145 et conservé par la Médiathèque Voyelles de Charleville-Mézières. La reliure d'origine a été remplacée au début du XXe, probablement, mais la couture a été conservée. La colle plastique utilisée pour réaliser cette seconde reliure a endommagé le parchemin chimiquement et mécaniquement. Mon travail a consisté à déposer les éléments nocifs et à renforcer les premiers cahiers désolidarisés de la couture. J'ai publié le compte rendu de restauration et l'analyse de ce manuscrit dans la revue de Citeaux, 2018.